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MANIFESTE de la FFMC - Axe 3 : Améliorer les aménagements routiers

dimanche 4 décembre 2005, par emma.

AXE 3
AMÉLIORER LES AMÉNAGEMENTS ROUTIERS

Comment concilier aménagements routiers et spécificités des usagers des deux roues motorisés ? Plus généralement, comment assurer la sécurité de l’ensemble des usagers de la route dans la conception et l’aménagement des infrastructures routières, alors que les véhicules en circulation présentent des caractéristiques très différentes ?

De 1996 à 2003, on constate que le nombre de deux-roues motorisés est passé de 738.000 à 1.092.000, soit une augmentation de 48 %. Le parc seul des MTL (<125cc) ayant, pour sa part, augmenté de 55 %. Les routes sont de plus en plus encombrées, les véhicules à 2roues contribuent fortement à la fluidité du trafic. Grâce à leur encombrement relativement réduit et leur faible coût ils peuvent se fondre dans le trafic et nécessitent moins de place que les autres véhicules.
En milieu dense urbain, le 2 roues motorisé possède des caractéristiques qui lui confèrent des propriétés analogues aux 4 roues en terme de déplacement. Ces atouts, avec de plus la mobilité, le gabarit, l’aspect économique, ont rendu son usage attirant pour nombre d’usagers. Les conséquences en sont un nombre de plus en plus important de 2RM dans la circulation et donc sur les réseaux routiers.

Les " M. et Mme moto " de chaque direction départementale de l’Équipement permettent d’assurer localement un dialogue permanent entre les services de l’Etat, les collectivités territoriales et les représentants associatifs.

La connaissance des particularités des 2RM est un préalable à la prise en compte de ce type de véhicule lors d’aménagement routier. La participation des motocyclistes en tant qu’usagers dans toutes les instances décisionnaires est indispensable, qu’il s’agisse d’aménagement ou de déplacement.

La moto n’est pas un moyen de transport comme les autres, son utilisation induit des spécificités : la vulnérabilité - l’équilibre - le besoin d’anticipation visuelle - une plus grande dépendance par rapport aux conditions météorologiques ainsi qu’une implication physique et technique plus importante par rapport à la conduite automobile. Les caractéristiques mécaniques des 2RM sont aussi différentes : plus petit profil, absence de carrosserie, accélération et freinage non comparables à ceux d’une voiture. Le placement sur la chaussée est lui aussi très différent.
D’autres spécificités sont plus liées à la conduite même du 2RM, (cinématique, dynamique), les problèmes d’adhérence (déformation de la couche de roulement, rainurage, gravillons, usure des marquages…) les masques à la visibilité (arbustes, balises, signalisation) qui peuvent également cacher le motard par rapport aux autres usagers ou devenir des dangers potentiels (glissières de sécurité, mobiliers anguleux, giratoires….).


Faire évoluer et appliquer des textes législatifs réglementaires ou juridiques

Les infrastructures existantes sont avant tout conçues pour l’automobile et ne prennent pas en compte le motard. Il aura fallu plus d’une dizaine d’années pour faire valoir le bien fondé d1un écran inférieur de protection sur les rails de sécurité, et celui-ci n’est encore installé que partiellement.

L’étude MAIDS indique que les glissières le long des routes et autoroutes causent toujours « des dangers peu fréquents mais substantiels aux motards, provoquant de sérieux dommages », notamment au niveau de la moelle épinière. En France, chaque année, 200 motards sont gravement blessés et 70 tués par les rails « guillotine ». Les programmes d’installation de lisses inférieures sur les glissières de sécurité existantes doivent être accélérés.

La FFMC demande la modification de la norme EN 1317 sur les glissières de sécurité afin qu’elle prenne en compte les deux-roues motorisés. Elle demande à systématiser les glissières doublées sur les nouvelles installations et que soit engagé un programme national de transformation des glissières centrales en ligne droite soit en installant des lisses inférieures, soit en les remplaçant par des glissières bétons.

La FFMC demande que le programme de doublement des rails soit accéléré, que le montant spécifique de ces investissements ainsi que le nombre de kilomètres équipés, soit publié.

Les infrastructures routières entrent en cause dans 42 % des accidents, tous véhicules confondus. Il parait donc essentiel que soient rassemblées des données précises, fines et actualisées sur cet élément de l’insécurité routière, tant en matière de localisation géographique que de type de défaillance de l’infrastructure.

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La FFMC demande la réalisation d’une carte des zones dangereuses, en collaboration avec les associations de défense des usagers de la route et mettre en place des plans d’aménagement pour y remédier ainsi qu’une politique de suivi et d’amélioration.

Les infrastructures extra urbaines étant déjà pour la plupart normées, la FFMC demande la création d’une norme pour le mobilier urbain, et tient à rappeler les risques encourus par les aménageurs, en cas d’accidents, et notamment les poursuites judiciaires en cas d’accidents corporels.

Elle sollicite aussi la création d’un groupe de travail sur la surveillance des infrastructures, ainsi que l’institution d’un contrôle par l’Etat de la conformité aux normes des infrastructures routières, notamment pour le réseau secondaire.

Améliorer la signalisation

Une mauvaise lecture de la signalisation verticale, comme de la signalisation horizontale, peut être à l’origine d’accidents. Or, on assiste souvent à une débauche de panneaux publicitaires qui parasitent la lecture de la signalisation verticale.
On assiste également, dans de nombreuses villes, à des signalisations horizontales utilisant des couleurs et signaux variés qui ne figurent pas dans le code de la route. Même si l’objectif recherché est une meilleure information, le résultat est un manque de lisibilité qui peut constituer un danger pour les 2RM. Il est urgent de faire respecter les normes.

La FFMC demande une meilleure lisibilité des panneaux routiers et de la route en général ainsi que l’application des normes existantes en particulier pour la signalisation au sol (normes de glissance).


Augmenter des budgets et des moyens attribués à l’équipement et à la sécurité routière

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Entretien de la voirie

La définition d’une politique de gestion du patrimoine routier, dans une réflexion globale soulignant l’entretien préventif indispensable des réseaux nécessite une coordination entre les différents financeurs et aménageurs.

Un bilan de la Cour des Comptes (2002) dénonçait de graves dégradations concernant l’entretien pour :
-  22 % du réseau national (globalement)
-  11 et 12 % des voies rapides urbaines et des voies à caractère autoroutier
-  39 % des routes nationales ordinaires non renforcées.
-  48,5 % des routes nationales de liaison non renforcées (cours des comptes)

Mauvais revêtement routier, gravillons, bandes glissantes,…. Remédier à ces situations passe impérativement par une augmentation des budgets ou le déblocage de crédits.

La FFMC souhaite :
- Maintenir et développer le service public de l’Equipement ;
- Accorder des aides aux départements les moins riches afin d’améliorer les infrastructures et l’entretien du réseau routier. Contrôler la mise en oeuvre par des organismes indépendants ;
- Soutenir et valoriser le travail des Mr et Mme Moto en leur accordant un budget temps et financier ;
- Mettre en place un véritable plan de recherche sur la réalisation d’études sur les infrastructures et les réseaux routiers ;
- Organiser la collecte des données précises, fines et actualisées concernant les infrastructures et les accidents qui y sont liés.


Améliorer l’intervention des services de secours routiers

Les services existants sur les autoroutes et voies express tels que les bornes d’appel et les patrouilles de véhicules d’assistance devraient progressivement être généralisés aux routes nationales et départementales.


Communiquer et faire circuler l’information existante

Comment capitaliser et diffuser aux aménageurs d’infrastructures routières l’ensemble des expériences locales en matière d’aménagements spécifiques pour les motos ?

La FFMC souhaite promouvoir des actions favorables à la sécurité routière en collaboration avec les associations d’usagers, la presse spécialisée, les Messieurs Moto des Directions Départementales de l’Equipement et les collectivités locales afin de trouver les manières de rendre l’infrastructure routière moins dangereuse pour les motos.

Elle organise des journées « motards d’un jour » en direction des décideurs et aménageurs afin de leur faire prendre conscience que certains aménagements peuvent être dangereux pour un 2 RM. 

Que les éléments métalliques des routes : tel que les rails de tramway, les passages à niveaux, les plaques d’égout… ne soient pas positionnés dans la trajectoire des véhicules à 2 roues, ou qu’un passage piéton ne soit pas situé en zone de virage ou de freinage.

Par l’intermédiaire de la FEMA, la FFMC peut échanger sur les différentes politiques d’aménagement routier mises en oeuvre en Europe.


Lire la suite :
- Axe 4 - Faire évoluer les réglementations pour une prise en compte des 2RM sur le plan législatif et fiscal

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