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MANIFESTE de la FFMC - Axe 2 : Faire évoluer les pratiques

dimanche 4 décembre 2005, par emma.

AXE 2
FAIRE ÉVOLUER LES PRATIQUES POUR UNE MEILLEURE PRISE EN COMPTE DES 2RM DANS LA FORMATION ET L’ÉDUCATION

Une politique d’éducation et de prévention routière doit passer avant tout par une démarche participative impliquant tous les usagers des plus jeunes aux plus anciens, afin de modifier les comportements pour un meilleur usage partagé de la route. En commençant l’apprentissage dès le plus jeune âge, l’Ecole forme de futurs citoyens responsables.


Pour une éducation à la sécurité routière dès le plus jeune âge

La FFMC oeuvre depuis de nombreuses années pour une prise en compte de l’éducation routière comme un enseignement à part entière intégré dans les programmes scolaires.

Il est nécessaire de former très tôt les enfants à la sécurité routière. Leur faire découvrir le partage de la route, c’est leur permettre d’acquérir des comportements qui les aident à se protéger des dangers de la circulation. L’apprentissage de la conduite et des règles de sécurité doit s’effectuer progressivement, par imprégnation. Ainsi, plus la sensibilisation à la sécurité routière sera commencée tôt, plus elle sera intégrée (jugement, système de valeurs, comportement normé…) et s’intellectualisera (raisonnement, discours…).

A l’étranger, parfois même, cet enseignement est totalement incorporé dans les programmes scolaires. Presque tous les Etats des Etats-Unis offrent une formation à la conduite dans les écoles publiques. Ce principe d’éducation précoce est déjà adopté dans l’ensemble des pays européens. En France, l’apprentissage des règles de circulation et de sécurité routière, n’a jamais trouvé réellement sa place dans les emplois du temps scolaire.

L’article L312-13 du code de l’Education énonce l’obligation de l’Education à la sécurité routière, malheureusement, elle ne l’inscrit pas dans les programmes et ne définit pas les contenus, objectifs et situations pédagogiques propices à la construction des savoirs et des comportements attendus en matière de sécurité routière.

Les circulaires en instaurant L’APER (attestation de première éducation à la route) pour le cycle primaire, ASSR (attestation scolaire de sécurité routière) et le BSR (brevet de sécurité routière) pour les collèges, ont défini les modalités d’une action continue globale assurée de l’école maternelle jusqu’au Collège. Ces circulaires constituent un élément de progrès à condition toute fois qu’elles soient appliquées à tous les élèves. Cela exige que du temps et des moyens plus importants soient consacrés à former et persuader les enseignants de s’approprier la sécurité routière comme un outil privilégié d’éveil et d’apprentissage des jeunes à la vie collective et à la responsabilité individuelle. Un effort d’information des parents sur la sécurité routière doit aussi être mené avec continuité pour pouvoir apporter des effets. Il est important que des organismes indépendants soient chargés de contrôler l’application et d’évaluer les acquis APER, ASSR et BSR.

Les enseignants eux-mêmes déplorent dans une enquête de janvier 2003 leur manque de formation (initiale et continue), l’insuffisance des moyens ainsi que les outils non adaptés aux différents publics concernés. Ces manques rendent difficilement crédibles leurs actions auprès des élèves, en particulier pour les jeunes du secondaire.

Pour réussir, il est important que les enseignants et l’Education Nationale puissent aussi s’appuyer sur les partenaires extérieurs qualifiés (SAMU, Pompiers mais aussi les associations comme la FFMC..) Depuis de nombreuses années, des bénévoles des antennes départementales FFMC interviennent dans les lycées et les collèges. Les jeunes sont souvent très sensibles et réceptifs aux messages de prévention des Motards FFMC, qui peuvent apporter une expérience concrète de leur engagement personnel souvent militant.

La FFMC a aussi développé des outils pédagogiques adaptés aux jeunes des collèges comme « rouler n’est pas jouer » afin d’accompagner l’enseignant dans cette éducation citoyenne. Ce type de support, sous forme de BD, par une approche ludique permet une sensibilisation immédiate du public.

En mettant en évidence ces propositions concrètes concernant l’éducation et la prévention à la sécurité routière, la FFMC espère qu’elles seront bientôt inscrites dans le cadre du système éducatif.


Pour un meilleur apprentissage de la conduite

L’accidentologie des 2RM chez les jeunes démontre l’inefficacité de la formation actuelle à la sécurité routière pendant la scolarité ; c’est pourquoi la FFMC demande un suivi du contenu de la formation dispensée pour l’APER, l’ASSR et l’instauration de 12 heures de formation pour la préparation du BSR.

Une politique d’éducation et de formation à la sécurité routière et à la conduite conçue comme un véritable continuum éducatif tout au long de la vie des citoyens ; c’est à dire une éducation à la sécurité routière tout au long de la scolarité obligatoire sous forme d’une heure par semaine est un objectif à retenir pour parvenir à changer les comportements. Ainsi, si on consacre dès l’école maternelle une heure par semaine, chacun arriverait à l’auto-école avec déjà 400 à 500 heures de formation à la sécurité routière.

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Si l’école constitue un lieu privilégié pour commencer un apprentissage, celui-ci doit se prolonger tout au long de la vie. C’est ce continuum éducatif que propose la FFMC car les enfants sont des usagers de la route en même temps que de futurs conducteurs. Ce continuum doit s’inscrire dans une politique éducative large englobant le temps scolaire, les activités périscolaires et de loisirs. Le temps de loisirs de l’enfant est un espace très largement sous-utilisé pour l’éducation à la sécurité routière alors qu’il est particulièrement approprié à une sensibilisation ludique aux bons comportements. Il serait nécessaire d’introduire un module de sécurité routière dans la formation des animateurs et directeurs des centres de vacances et mettre à disposition des centres de loisirs des moyens éducatifs et financiers pour favoriser cette sensibilisation.

La FFMC Loisirs met en pratique ces idées, notamment dans les centres de loisirs où les jeunes de 6 à 16 ans sont initiés à la moto et à la sécurité routière.
La Mutuelle des Motards propose aussi un contrat « cyclomotard » qui intègre une journée de formation.


Pour une meilleure formation initiale aux permis et à la conduite

Le permis de conduire atteste tout d’abord de l’aptitude des personnes à la conduite. Dans notre société, il est considéré comme un élément fondamental de la liberté d’aller et venir, et surtout comme un outil d’insertion sociale et professionnelle. Il est important de le rendre accessible à tous par des aides financières sans en abaisser la qualité.

Aujourd’hui, dans de trop nombreux établissements de formation à la conduite, le « bachotage » de parcours d’examens sans réel « savoirs » théoriques (cours de code, etc.…) et techniques suffit pour obtenir un permis. Ne sont pas enseignés aux élèves les bases techniques du pilotage adapté à la conduite dans un environnement routier, ainsi que les justes comportements routiers face aux conditions réelles de la circulation. De plus, le fait que cette formation soit dispensée dans le cadre d’un secteur concurrentiel aboutit trop souvent à ce que la qualité de l’enseignement souffre des exigences de rentabilité de l’établissement.

Or, les formations à la conduite automobile et 2RM souffrent d’un manque de modules axés sur la prévention ; en particulier des notions de base en accidentologie, de bonnes connaissances des principaux scénarios type d’accidents concernant les différents type de véhicules et les différents usagers. Il paraît également important que les formations initiales mettent en évidence les limites physiologiques des conducteurs, notamment en matière de prise d’information générant la plupart des accidents entre les divers catégories d’usagers.

La connaissance des différents types de véhicules et de leurs spécificités par les usagers de la route est un facteur d’amélioration de la sécurité routière. Intégrer cette sensibilisation dans la préparation aux différents permis de conduire permettrait de réduire l’accidentologie, par exemple : Sensibilisation au rayon de braquage des poids lourds et cars ; aux angles morts de ces différents types de véhicules, à la fragilité des deux-roues motorisés et à leurs caractéristiques en matière de mobilité, de visibilité, de perception, d’accélération, de freinage, de distance de sécurité…

La FFMC souhaite une formation réellement incitative pour les détenteurs d’un permis B voulant accéder à la conduite d’un deux-roues motorisés de 125 cm3 avec la participation de l’ensemble des partenaires : Etat, importateurs et concessionnaires, établissements de formation, assurances et associations d’usagers.

La FFMC demande qu’un bilan de l’application du PNF (Plan National de Formation) en matière de préparation aux permis A et AL par les établissements d’enseignements de la conduite soit effectué, ainsi qu’un état des lieux exact des plateaux existants pour permettre la formation des élèves. L’absence d’infrastructures étant bien souvent compensée par l’utilisation de parkings de supermarchés ou places inadaptées à l’enseignement de la conduite. Les pistes privées existent, mais leurs dimensions ne permettent bien souvent que de la répétition de parcours d’examen, quand elles ne sont pas surchargées par le nombre d’élèves par centre de formation. La FFMC demande également que certains textes réglementaires soient modifiés afin de limiter le nombre d’élèves par session de plateau ou de circulation.

La FFMC propose la création d’un organisme public d’évaluation de la qualité de formation dispensée dans les établissements d’enseignement de la conduite, en partenariat avec les associations de consommateurs.

En partant du principe que chaque conducteur est unique, il devient indispensable de passer à l’apprentissage d’une conduite plus individualisée, qualitative, basée sur le savoir-vivre routier. C’est à partir de ces constats que plusieurs auto-écoles ont rejoint le réseau AFDM (Association pour la Formation des Motards) membre du mouvement FFMC.

Il s’agit d’un réseau d’écoles qui propose et dispense un apprentissage de qualité. Que cela soit en formation initiale ou en perfectionnement à la conduite, l’AFDM s’attache à promouvoir auprès des motards et futurs motards un comportement adapté par rapport à l’environnement dans lequel ils évoluent au quotidien. Dans le cadre de la formation initiale au permis de conduire moto, le nombre d’élèves, par exemple, en leçon plateau est limité à trois par enseignant, pour favoriser un meilleur suivi des élèves en sécurité. L’apprentissage des techniques routières de conduite, et de leurs limites, entraîne une prise de conscience et une mise en confiance. Ainsi la conduite devient-elle plus efficace, plus pertinente, plus sûre et donc plus plaisante. Les moto-écoles reconnues par l’AFDM s’engagent à respecter le rythme d’apprentissage adapté à chacun et les conditions pédagogiques, techniques et matérielles propices à une formation de qualité.

La FFMC demande également que l’apprentissage des gestes de premier secours soit inclus dans la formation à la conduite.


Pour une formation à la conduite tout au long de la vie

Actuellement, la formation post-permis est quasi inexistante or, ces formations devraient être considérées comme un élément essentiel du dispositif de lutte contre l’insécurité routière car les compétences en matière de conduite, demandent une actualisation permanente, c’est pourquoi la FFMC soutient l’instauration d’un rendez-vous d’évaluation post-permis, tous les 10 ans.

Inviter les conducteurs à vérifier périodiquement leur aptitude physique à la conduite (notamment la vision) et sensibiliser, pour ce faire, le corps médical à la sécurité routière.

La FFMC souhaite que les usagers des 2RM qui utilisent ce type de formation post permis puissent bénéficier de réduction sur le taux de leur police d’assurance.


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- Axe 3 - Améliorer les aménagements routiers

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