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MANIFESTE de la FFMC - Axe 1 : Développer les campagnes de sensibilisation

dimanche 4 décembre 2005, par emma.

AXE 1
DÉVELOPPER LES CAMPAGNES MÉDIATIQUES DE SENSIBILISATION

Améliorer le comportement des conducteurs passe par des campagnes médiatiques de sensibilisation et de prévention développées de manière permanente sur les grands médias, (TV, presse, …) avec l’intervention des différents acteurs concernés : Etat, collectivités territoriales, assureurs, concessionnaires, associations…. Le véritable changement de comportement des individus ne se décrète pas. Le conducteur redoute certes la sanction en cas de non-respect du Code de la route, mais cela n’en fait pas un meilleur conducteur. La capacité des sanctions à modifier les comportements reste faible et le changement produit risque d’être de courte durée.

L’objectif de ces campagnes ne doit pas seulement être de montrer les risques routiers mais aussi et surtout d’aider les usagers à améliorer leurs comportements : partage de la route, attention aux plus fragiles, respect et tolérance envers les autres usagers, utilisation des clignotants et des rétroviseurs, respect des distances de sécurité, prise en compte des conditions du trafic, de l’environnement, et des conditions météorologiques…

Une évaluation des campagnes récemment mises en oeuvre permettrait de vérifier l’impact de celles-ci sur l’accidentologie.


Pour faire évoluer les comportements et promouvoir les valeurs de solidarité et de respect

Le comportement outrancier de certains usagers de la route dépasse largement les questions de sécurité routière. Il relève de l’évolution de notre société qui fait apparaître une dissolution des solidarités au profit de pratiques égoïstes. Ainsi, des usagers de deux roues à moteur ont des comportements qui posent un vrai problème. (bruit, vitesse, agressivité, etc.). C’est le fait d’une minorité qui provoque auprès des autres usagers une mauvaise réputation des motards.
Il est important de bien comprendre les raisons de ces comportements si on souhaite les prévenir.

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En s’attaquant à l’angle comportemental qui est souvent à l’origine de situations accidentogènes, des campagnes biens menées participeraient à la promotion des valeurs de tolérance et de partage et à une pacification des conduites en inscrivant dans l’espace public la place qui revient à chaque usager. Pour sa part, la FFMC condamne ces comportements et tente de promouvoir une meilleure compréhension et un respect mutuel entre les différentes catégories d’usagers de la route comme le montre la campagne « auto-moto, on s’engage on partage ». L’objectif de cette opération est de favoriser la cohabitation entre les différents usagers afin que la route ne soit plus un lieu de compétition ainsi que de former au respect des règles du Code de la route.


Pour faire évoluer les représentations

La valorisation à long terme de l’image du motard passe avant tout par une plus grande connaissance du monde du 2RM de la part des autres conducteurs. Car, moins l’individu connaît une chose plus il tend à s’en faire une idée déformée, partisane et subjective par le recours principal à l’imaginaire. Dès lors que les conducteurs sont correctement formés, informés et pris en considération ils peuvent devenir des usagers citoyens de la route.

La presse spécialisée par ses articles peut intervenir pour une part importante dans cette modification des comportements, en prenant l’exemple comme valeur pédagogique, en systématisant les échanges d’expériences et de bonnes pratiques entre les acteurs, mais aussi en suscitant un véritable esprit de responsabilité afin d’ancrer les comportements positifs sur la durée.

Aujourd’hui les notions d’individualisme, de compétitivité, de performances sont plus souvent développées tandis que les notions d’égalité et de solidarité sont mises à mal. La FFMC essaye d’améliorer les conditions de la pratique de la moto pour tous afin de faire évoluer les comportements.

Le code de la route est indispensable et nécessaire car il faut définir des règles communes régissant la conduite de l’ensemble des usagers de la route. Cette nécessité est largement reconnue par les motards ; 77 % d’entre eux sont d’accord pour dire qu’être utilisateur d’un deux roues motorisé, c’est respecter les autres usagers (étude IFOP DSCR 2004).


Pour favoriser le pluralisme des points de vue

Il est important que les médias et les associations véhiculent des images d’évasion, de liberté et de solidarité attachées à la moto et non exclusivement des images de compétition et de puissance. C’est ce à quoi s’attachent, entre autres, les Editions de la FFMC et la FFMC Loisirs. Cette dernière, par exemple, organise chaque année la venue au Bol d’Or en cyclomoteurs d’adolescents en difficulté. Cette initiative les aide à intégrer des pratiques de sécurité routière et de citoyenneté.

Il faut également favoriser les interventions des associations et structures représentatives du monde du 2RM afin de transmettre un message efficace et compris ( constructeurs, assurances…).


Pour favoriser la diversité des pratiques du 2RM (Trial, cross, enduro, rallye raid,…)

Ouvrir les circuits

Ouvrir les circuits a une valeur pédagogique. C’est permettre à chacun de mesurer ses limites, de se « faire peur » dans des conditions sécurisées, avec le minimum de casse pour soi-même et sans porter atteinte à la vie des autres. La conduite sur la route ne peut que s’en trouver améliorée.

La FFMC en partenariat avec la Mutuelle des motards et la participation du pilote C. Guyot (Champion du monde 2004 d’endurance moto) ont impulsé l’opération et élaboré un dossier pratique et technique d’aide à la réalisation de projet de circuits.
Plutôt que de réserver les circuits à la seule compétition, l’objectif de cette action est d’encourager leur ouverture par des journées « portes ouvertes » quelques jours par mois afin de promouvoir des actions de prévention et de loisirs à l’exemple des circuits Carole en Seine Saint-Denis et Candie en Haute-Garonne.

La FFMC demande que :
-  l’Etat exerce son droit de préemption lors de la vente de circuits privés
-  les homologations aux entraînements motos pour les circuits qui ne le sont pas encore, soient accélérées
-  la création et l’ouverture régulière de circuits soient rapidement mise en oeuvre afin que dans chaque région un circuit au moins soit accessible au plus grand nombre de motards (course, runs, stunt…) et puisse consacrer des heures aux pratiques de formation.

Mieux utiliser les PDASR

Les Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière regroupent des initiatives locales. Ils sont des éléments importants du dispositif national de lutte contre l’insécurité routière.

La FFMC demande qu’un bilan exact des actions financées par ces plans soit réalisé afin d’avoir une vue nationale des différentes initiatives prises, de mesurer les inégalités, et à partir de là, envisager des mesures d’amélioration éventuelles. Elle demande également que leurs budgets soient réactualisés.

Dans le même état d’esprit, les chaînes publiques devraient s’ouvrir à l’ensemble des pratiques du deux-roues motorisés afin de promouvoir la moto comme moyen de découverte, de voyage, d’évasion.

Les Relais Motards Calmos

Les relais motards Calmos sont des haltes aménagées à l’occasion des grandes courses motocyclistes afin de délivrer aux motards un message de vigilance, de modération et de prudence, tout en leur octroyant un moment de détente dans une ambiance solidaire et chaleureuse.

Ils permettent d’utiliser le sentiment d’appartenance à un groupe spécifique d’usagers de la route pour communiquer sur les thèmes de la sécurité routière, de la tolérance et du nécessaire respect mutuel entre tous les usagers, autour de l’objet qui les unit : la moto.

Ils facilitent l’argumentation pour mettre en exergue l’adaptation des comportements aux conditions de circulation ainsi que l’idée que l’on peut se faire plaisir sans mettre en danger sa vie ni celle des autres.

Les motards expérimentés font partager leur expérience aux plus jeunes en apportant des conseils sur les comportements et les techniques de conduite, ainsi que sur l’entretien et le chargement de leur machine.

En ce sens, ils sont une opération de sécurité routière qu’il est important de pérenniser.


Favoriser l’implication des usagers dans des actions locales de sécurité routière à destination des jeunes

Une communication en direction de publics cibles : jeunes et 2RM

La sécurité routière est un sujet majeur qui concerne principalement les jeunes, sur-représentés dans les accidents de la route. Pour eux, les conduites à risque sont une manière de se heurter au monde et de se forcer un passage vers le monde adulte. La recherche de sensations fortes, l’attrait pour le danger, l’acceptation, voire la revendication du risque lié à une faible expérience de la conduite sont des attitudes typiques d’un style de vie d’adolescent. Les jeunes éprouvent un besoin de démonstration vis-à-vis des autres et des pairs. Le risque pour leur identité est en effet perçu comme beaucoup plus grave que le risque physique. Les jeunes sont prêts à se mettre en danger. Et notre société, de plus en plus individualiste, renforce de tels comportements.

Faciliter l’exercice des pratiques bénévoles par une législation du travail adaptée

Il est important de bien comprendre les jeunes pour définir des actions de communication beaucoup plus appropriées. De plus, il s’avère que les messages de prévention transmis par les pairs semblent souvent mieux intégrés.

Les antennes FFMC mènent de nombreuses actions de prévention dans les collèges et lycées. Une action gouvernementale facilitant les pratiques bénévoles de cet ordre permettrait de les étendre ; de plus, l’inscription de la sécurité routière dans les programmes scolaires permettrait de dégager les temps nécessaires à une telle sensibilisation. Pour leur part, les Editions de la FFMC, avec la publication du magazine « Starter » et l’édition de la bande dessinée « Rouler n’est pas jouer », participent à l’effort nécessaire en direction des adolescents.

Ce discours ne doit pas uniquement s’adresser aux jeunes, mais aussi aux parents. Leur rôle est primordial car il ne doit pas s’arrêter à l’achat du véhicule (cyclo, scooter)… sans apporter une sensibilisation aux risques encourus et aux équipements adaptés.

Il doit également viser les concessionnaires qui ne devraient pas laisser partir le jeune sans un équipement adapté aux deux roues et indispensable en cas de chute pour sa sécurité.

Les formateurs, les assureurs, la presse spécialisée ont également un rôle à jouer. Les actions et la politique tarifaire de la Mutuelle des Motards ont un caractère exemplaire en ce domaine.


Lire la suite :
- Axe 2 - Faire évoluer les pratiques pour une meilleure prise en compte des 2RM dans la formation et l’éducation

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